Mots-clefs

, , , , , ,

C’est parti : l’an prochain je me lance dans l’aventure de la classe inversée. kezako? Le principe est simple là où dans un cours classique les élèves étudient la leçon en classe et appliquent à la maison au travers d’exercices nous ferons l’inverse. Les élèves étudieront la leçon chez eux et nous appliquons en classe en pédagogie différenciée. Les TICES seront mises à contribution dans ce cadre. Au-delà de cela je souhaite briser la chaîne de l’échec et du stress qui va avec. J’ai donc décidé de fournir aux jeunes la liste de l’ensemble des exercices qui seront utilisés dans les contrôles périodiques en leur précisant bien que chaque contrôle comportera un exercice nouveaux portant sur le chapitre. Le cours même sera pensé pour permettre une progression spiralée où les notions seront réinvesties périodiquement.

Nos classes, depuis plusieurs années, voient arriver des jeunes avec un niveau très hétérogène qui menait à des difficultés de gestion de classe. En effet, les plus faibles n’arrivaient pas à suivre et baissaient vite les bras pour s’adonner à autres choses et les meilleurs se lassaient rapidement quand les explications prenaient trop de temps et le bavardage apparaissait. Au milieu de tout cela, les élèves qui tentaient de suivre avaient beaucoup de mal à le faire. Il fallait donc réfléchir à un moyen d’améliorer cela. Quelques expériences en salle informatique sur des progressions différenciées m’ont permis de constater que cela permettait à chacun de travailler à son rythme et que l’ambiance générale était plus studieuse. L’établissement est inscrit sur la plateforme LABOMEP (http://www.labomep.net). Lors des journées du numérique, il nous a été présenté les prochaines évolutions de ce site dont la possibilité de créer ou de modifier des exercices que j’attends avec impatience.

L’ensemble de ces dispositions fera l’objet d’un contrat que le jeune (et sa famille) passera avec l’enseignant dès le début de l’année.

Entrons dans le détail du projet : le cours sera simplifié au possible pour permettre à chaque élève de s’approprier les savoirs. Chaque leçon, accessible sur une plateforme de formation en ligne basée sur Chamilo (http://www.chamilo.org/), devra aussi être ancrée dans le concret au travers de plans d’étude, de questionnement, sur l’utilisation possible de ce qui a été vu dans le cours dans la vie de tous les jours, domestique ou professionnelle. Mais pourquoi pas aussi en faisant le lien avec d’autres matières pour lesquelles ce qui a été vu pourra être utile. Chaque élève aura aussi le devoir de noter ce qu’il n’a pas compris. A la fin de chaque séquence, un test de connaissance de type QCM est prévu pour permettre au jeune de voir où il en est. La plateforme permet à chaque jeune de prendre des notes et de poser des questions par messagerie instantanée ou par le biais d’un forum ou même en envoyant un mail à l’enseignant. Il va de soit que cette étape est importante et que chaque élève doit le faire avec sérieux. La plateforme permet de suivre qui se connecte, le temps d’activité, le nombre de fois où le cours a été lu. Un élève n’ayant pas fait ce travail doit être pénalisé et ne pourra pas assister à la séance de mise en commun. Cet élève devra s’isoler sur un poste informatique pour faire le travail demandé. Il est prévu, comme incitation, une note de participation, ou au travers des compétences du socle commun.

De retour en classe, une séquence sera réservée à une mise en commun du plan d’étude et des difficultés rencontrées. Cette séquence sera aussi l’occasion de réfléchir à la création d’un exercice mettant en place ce que les jeunes ont trouvé comme application de la leçon dans la vie quotidienne ou professionnelle. Une évaluation est ensuite faite pour vérifier que la leçon est comprise. Pas de note à ce niveau mais une évaluation par compétences du type non acquis, en cours d’acquisition, presque acquis, acquis.

Selon les résultats obtenus à l’évaluation, les élèves auront une série d’exercices différenciés par le biais de la plateforme web LABOMEP. Là, plus de cours magistral mais une aide personnalisée quand l’élève ne comprend pas. L’idée est de permettre à chacun d’aller aussi loin qu’il le peut.

Régulièrement, à la fin de chaque grosse partie de cours, une évaluation terminale sera faite reprenant ce qui a été vu depuis le début de l’année. Notée, cette évaluation sera construite en piochant dans la liste d’exercices distribuée en début d’année sauf un exercice qui sera nouveau et qui comptera pour 4 points sur 20. Pas de surprise donc. Ayant déjà testé ce fonctionnement, je me suis aperçu que les élèves sont moins stressés par l’évaluation.

Cette évaluation régulière ne doit pas être un tout. L’élève doit être à même de pouvoir tenir compte de ses erreurs et de chercher à se corriger. Mais comment amener le jeune à éviter l’effet zapping et lui faire comprendre qu’il est dans son intérêt de revoir ce qu’il n’a pas compris ? Avec cet objectif en tête, j’ai décidé de leur permettre d’être réévalué sur des exercices complémentaires à leur demande, lorsqu’ils se sentent prêts. Dans ce cas, les exercices seront nouveaux et seront évalués par compétences.

L’ensemble de ces mesures, je l’espère, mèneront le jeune dans une dynamique de travail et de volontarisme.

Rendez-vous régulièrement pour que je vous donne mes impressions, et celles des mes élèves.

Publicités