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Les Maisons Familiales Rurales remarquent (même s’il est normal
que l’orientation soit organisée à travers un certain nombre de tests, de stages et d’entretiens, fusent-ils prévus en présence des parents) que l’orientation ne peut pas simplement se résumer à une analyse des résultats, ni à la notion d’éducation au choix, ni même à la découverte d’un métier.

L’orientation est un processus long qui passe par des étapes qui prennent du temps, qui fait appel à la responsabilité de l’élève, qui l’engage personnellement.
Car au bout du compte, c’est lui qui détient les clés de son orientation. Ce n’est pas le maître, ni le conseiller, ni les parents même si ces derniers y contribuent grandement comme le constate l’Observatoire de l’Enseignement Agricole présenté par son président Jean François-Poncet : « Quel que soit le niveau d’entrée dans l’enseignement agricole considéré, ce sont avant tout les proches–parents et amis- qui apparaissent jouer le rôle premier tant dans l’initiation du processus d’orientation que dans sa confirmation.(…) Les parents deviennent dominants s’agissant de la prise de décision finale. ».
C’est l’adolescent (l’adolescence est une période charnière pour l’orientation) qui doit, non pas faire un choix mais dire quelles perspectives l’animent et prendre conscience progressivement de lui même.
Et c’est à l’équipe éducative et à sa famille de l’accompagner dans cette approche globale et de longue haleine qui dépasse, de loin, les seuls aspects scolaires ou les besoins des professions.

Des entretiens d’orientation en troisième, en première, en terminale sont-ils à la hauteur de ces enjeux ? Il est permis d’en douter quand on connaît la tendance de l’école à privilégier uniquement les performances et comportements académiques et à occulter les acquis sociaux, professionnels, ,culturels engrangés à l’extérieur de son espace d’influence.

La pratique des Maisons Familiales Rurales mais aussi de différents pays d’Europe, indique que d’autres voies sont pourtant possibles.
Si les Maisons Familiales obtiennent quelques résultats en matière d’insertion, c’est sans doute parce qu’elles proposent une démarche simple où la rencontre peut se faire avec des situations ou avec des personnes qui transmettent la passion, cette passion et cette rencontre demandant un engagement véritable de celui qui est en formation. Car les processus développés mettent les élèves au coeur du réel où ils ont à observer, à agir, à réfléchir par eux-mêmes et avec les adultes qui les entourent. A ce niveau, le problème n’est pas d’être doué scolairement ou pas. Le problème est ailleurs. Il réside dans la construction graduelle de son projet.
Autant l’écolier dans le système traditionnel se réfère trop souvent à ses notes ou à une image fausse et déformée d’une profession et s’y enferme, autant le jeune d’une Maison Familiale trouve naturellement, dans sa vie quotidienne, l’intelligence de son action et le levain de ses visées.

Il est difficile, en France, d’imaginer que dans les pays scandinaves l’acquisition d’une expérience, la rupture dans les parcours scolaires avant d’entrer à l’Université par un engagement social, humanitaire ou même par un voyage à l’étranger, loin d’être un handicap comme chez nous, sont au contraire une preuve de réflexion et de maturité de l’orientation.
Les Maisons Familiales Rurales, proches des réalités, ont la conviction que ce type d’enseignement, dans la vie et pour la vie, est celui qui, en définitive, profite davantage à l’orientation des élèves et les prépare le mieux à assurer leur l’avenir.

Je vous invite à lire le blog de Patrick Gues sur http://patrickgues.wordpress.com/ qui vous permettra d’en savoir un peu plus sur les formations par alternance et les MFR.

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