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J’expérimente avec les 4ème de l’établissement où j’enseigne la « classe inversée » ou flipped classroom en anglais. C’est un « nouveau » modèle d’organisation de la menée de cours qui se développe depuis quelques années. Le principe est simple: les élèves étudient le cours chez eux par divers biais (vidéos, cours en ligne…) et consacrent le temps en classe aux exercices et aux travaux de groupe encadrés par l’enseignant. Pour ma part, j’ai mis à disposition de la classe une plateforme de formation en ligne basée sur Chamilo qui leur permet d’avoir accès au cours sous forme de texte et d’objets multimédia (animations, images, sons, vidéos…). Les élèves étudient donc le cours en ayant pour consigne de chercher dans la vie courante des exemples de ce qui est vu dans le cours. Le retour en classe, après une mise en commun des difficultés et des exemples trouvés, est destiné à de la pratique sur des exercices en autonomie sur labomep qui me permet d’aider chaque jeune quand il en a besoin. J’ai fixé volontairement un seuil de réussite aux exercices qui empêche le passage à l’exercice suivant sans un minimum de réussite. Ainsi, l’élève ne peut pas zapper ou avancer sans être actif dans sa façon de travailler.

Si cette façon d’enseigner apparaît comme une novatrice aujourd’hui, elle été testée et théorisée il y a longtemps comme l’indique Tina Rosenberg dans son article sur le blog Opinionator du New York Times.

flippedCe n’est donc pas une idée nouvelle. Elle a été brièvement populaire dans les années 1920, et a été relancé par Benjamin Bloom dans son article «Apprendre pour l’apprentissage » – ou « Learning for Mastery » en 1968, date à partir de laquelle cette méthode a connu un succès spectaculaire. Plus récemment, ce sont Jon Bergmann et Aaron Sams qui ont réintroduit le concept dans leurs propres classes avant de le démocratiser.

imagesLe rôle de l’enseignant change assez radicalement : il devient un accompagnateur dans une classe où les élèves sont plus autonomes. Je me souviens des premières heures en classe lors des séquences d’exercices. J’avais l’impression d’être inutile : chaque élève avançait à son rythme, demandait de l’aide à son voisin… c’était déroutant. Ensuite est venu le temps où les élèves devenaient demandeurs d’explications, ils venaient au tableau pour m’exposer leur problème ou avoir un complément d’information ou juste pour valider qu’ils avaient compris. Cette phase est essentielle dans une méthode telle que celle-ci, l’enseignant devient un « guide » qui stimule l’engagement des élèves et s’adapte à chacun d’eux pour fournir la meilleure explication au meilleur moment.

Selon l’article de Tina Rosenberg, si la classe inversée bouleverse les fondamentaux du système scolaire, les enseignants qui ont décidé d’adopter le modèle sont unanimes : les élèves sont beaucoup plus engagés dans les cours et leur apprentissage d’une manière plus générale. Pour Spencer Bean, vainqueur d’un « prix de l’enseignement » de l’administration américaine :

« Auparavant, on voyait pas mal d’élèves qui faisaient le strict minimum en matière de travail. Ils s’en sortaient avec la moyenne, mais maintenant ils savent qu’il faut aller au-delà pour pouvoir avancer dans la classe et ce sont des élèves que je vois rester après les cours volontairement pour travailler davantage. »

Cependant, cette organisation nécessite de disposer des outils et des supports d’enseignement adaptés. Dans mon cas, le préalable est de disposer d’un ordinateur et d’un accès à internet, ce qui est le cas dans cette classe.

Les premiers retours sont satisfaisants, le premier trimestre n’est pas encore achevé et les résultats sont au rendez-vous. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant de cette expérience!

Pour en savoir plus, retrouvez tout l’article de Tina Rosenberg sur le New-York Times ici.

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