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La pédagogie inversée vous semble obscure ? voici peut être de quoi faire briller une petite lueur pour vous guider dans cette obscurité. Vous trouverez ci dessous quelques morceaux choisi. L’intégrale est à retrouver sur : http://innovationseducation.ca/la-pedagogie-inversee/

Façon différente d’enseigner ou se libérer des conventions

Derrière ces innovations pédagogiques qui ont, par accident, donné naissance à la pédagogie inversée, il y a en fait une véritable révolution scolaire alors que les fondements du quotidien pédagogique traditionnel sont ébranlés. Pour adopter les principes de la pédagogie inversée, il faut apprendre à penser différemment en tant qu’enseignant pour se défaire peu à peu des paradigmes traditionnels qui ont défini notre vision de l’éducation en tant qu’élèves, puis étudiants, puis enseignant. Et ce n’est pas si simple de s’émanciper de nos conceptions et perceptions.

Voici donc trois nouveaux paradigmes à adopter :

Paradigme 1 : L’enseignant-ressource ou un pas de plus vers une pédagogie active.

L’enseignant est toujours un outil de transmission de savoirs. Il en sera toujours un. Cependant, force est d’admettre qu’avec la démocratisation de l’information, il ne peut concurrencer Google et Wikipedia. C’est la connaissance d’un professionnel contre celle du monde entier. Il faut donc accepter notre nouveau rôle qui est celui d’éduquer nos élèves à rechercher et consulter les bonnes ressources grâce à un esprit critique. À cet égard, une éthique de recherche devient indispensable puisqu’il faut apprendre à vérifier les sources et à les citer adéquatement. Nos élèves sont curieux et ils portent la connaissance du monde dans leurs poches. Mettez-vous à leur place. Vous contenteriez-vous de la connaissance de votre enseignant ou seriez-vous poussé à en savoir davantage ? Au siècle actuel, à l’époque du web social, il est tout à fait normal et compréhensible que les élèves soient plus informés ou cultivés que ces mêmes élèves d’il y a dix ou vingt ans. Cependant, force est d’admettre qu’ils sont certainement moins éduqués à utiliser cette même connaissance et moins compétents à l’utiliser en situation de la vie quotidienne. Donc, en un certain sens, c’est la fin du monopole du savoir.

Cela implique donc qu’il n’est plus nécessaire de bâtir ses cours autour d’une stratégie de cours magistraux. Et ce, pour deux raisons. Dans un premier temps, pour un élève, pourquoi serait-ce pertinent d’écouter l’exposé d’un enseignant quand tout ce qu’il dit, ou presque, se retrouve sur internet et que ce contenu est accessible au moment et de la façon qu’il le désire ? De plus, s’il a des questions, il n’a qu’à texter son compagnon de classe ou poser une question sur Facebook où sa communauté d’amis lui répondra illico. D’où la pertinence de modifier ses stratégies pédagogiques pour favoriser un apprentissage plus actif, où l’élève est poussé à s’investir et à entreprendre une réelle démarche.

Bref, exit le Sage on stage et vive le Guide on the side pour reprendre l’expression américaine consacrée de la flipped classroom. Dans la classe inversée, nous sommes dans l’écoute et dans l’agir plutôt que dans la valorisation de l’exposé oral théorique. Nous enseignons aux élèves à apprendre à apprendre. C’est l’enseignement à la métacognition pure et simple.

Paradigme 2 : Travailler en réseau et non en silo.

Soyons honnêtes et disons-le tout haut. Les enseignants ont tendance à travailler en silo. La notion de protectionnisme est malheureusement omniprésente dans le monde de l’éducation. C’est un peu comme si certains  enseignants protégeaient jalousement un secret d’État. Les raisons expliquant ce repli sont certainement nombreuses et probablement toutes aussi bonnes les unes que les autres, mais on constate trop souvent que deux enseignants qui enseignent la même matière au même niveau n’ont pas les mêmes exigences, les mêmes situations d’apprentissage ou les mêmes grilles d’évaluation.

Cependant, nous sommes actuellement à l’air du partage et cela n’est pas applicable seulement entre collègues de la même institution et du même niveau. La communauté éducative doit se mobiliser davantage afin d’établir des réseaux de partage d’idées et de stratégies. D’entrée de jeu, un enseignant est un professionnel doté d’un sens inné de la curiosité et de l’exploration. Pourquoi ne pas assouvir cette curiosité pour ainsi explorer les pratiques de ses autres collègues québécois, européens ou nord-américains ?

Actuellement, Twitter est un excellent outil de partage qui s’intègre bien dans la vie d’un enseignant qui est occupée et hyper sollicitée de toute part. Twitter est concis et universel. Pas d’artifice. Facebook et ses nombreux groupes sont également sollicités. Il existe des regroupements professionnels qui sont également animés par des conseillers pédagogiques qui reconnaissent l’importance du réseautage. Le succès connu par le Réseau pour le développement des Compétences par l’Intégration des Technologies, mieux connu sous l’acronyme RÉCIT, est un excellent exemple de l’importance que prend le réseautage dans le monde de l’éducation.

Devant la nécessité de modifier nos pratiques pédagogiques, il appert nécessaire, voire incontournable, d’aller voir ailleurs ! Qu’est-ce qui se fait ? Quels en sont les résultats ? Comment puis-je importer cela dans mon milieu en fonction de mon style d’enseignement ? Souvent, ce sont les adaptations de ce qui se fait ailleurs qui ont le plus de succès.

L’importance de participer à ces colloques et formations ponctuels est incontournable et mène à une grande ouverture sur le monde éducationnel en plus d’élargir les perspectives de notre développement professionnel. Si nous prenons souvent l’allégorie du médecin qui ne se renouvelle pas, elle a certainement autant de sens chez l’enseignant qui enseigne toujours de la même façon et qui ne se renouvelle pas plus !

À un niveau plus pragmatique, en classe, le programme de formation de l’École québécoise valorise clairement la compétence « apprendre à travailler en équipe ». La pédagogie inversée se situe dans le courant de l’enseignement coopératif où les élèves sont appelés à échanger et discuter ensemble afin de construire leur savoir et le vérifier auprès de leurs collègues. Ce qui émerge naturellement de ces situations d’apprentissage c’est l’instauration de mesures de tutorat par les pairs qui est, implicitement et indirectement, supervisées par l’enseignant. Autrement dit, les élèves s’aident entre eux et partagent leurs découvertes et leur compréhension de diverses situations amenées par l’enseignant.

Cette nouvelle atmosphère de travail permet différentes expérimentations pédagogiques laissant libre cours à la créativité de l’enseignant. La latitude ainsi obtenue peut permettre à ce dernier de pousser l’expérience vers d’autres niveaux qui n’ont de limites que son imagination. Mais surtout, ce qui est intéressant est que la partie magistrale maintenant largement évacuée du temps de classe, cela libère du temps pour une pédagogie plus personnalisée donc, mieux différenciée.

Paradigme 3 : Revoir l’organisation des ressources informatiques et matérielles

Les ressources informatiques et matérielles, en milieu scolaire, sont indissociables du progrès pédagogique. Ces ressources doivent être accessibles et ouvertes en terme d’attitude et de vision. Impossible de travailler en silo puisque, prônant une approche collaboratrice et coopérative, elle travaille conjointement avec le département de la pédagogie. S’il est toujours possible que l’aspect pédagogique soit abordé séparément de celui de l’informatique, l’inverse n’est pas possible. Du moins, pas dans une école inscrite dans la contemporanéité du 21e siècle.

Les ressources matérielles et informatiques sont la pierre d’assise de la pédagogie actuelle. Elles facilitent à plusieurs égards l’ouverture sur le monde et offrent de nouvelles possibilités de collaboration autant pour les enseignants que pour les élèves. Il est donc primordial, voire vital, de mettre ces ressources au service de la pédagogie. Et pour ce faire, il est impératif que les outils destinés à l’usage enseignant soient conviviaux et faciles d’utilisation. Surtout lorsqu’il s’agit des ressources informatiques. Déjà, en partant, plusieurs enseignants sont réticents à intégrer les TIC en classe, s’il faut que la transition se fasse difficilement ou de façon cahoteuse avec les outils mis à sa disposition, plusieurs enseignants ne persévéreront pas dans leur actualisation de stratégies d’enseignement.

La pédagogie implique la valorisation d’un certain exercice de créativité professionnelle chez l’enseignant. Or, pour être créatif, on doit travailler, dans la mesure du possible, avec les outils que l’on préfère, que l’on privilégie. L’imposition de certains outils ou services informatiques dans l’exercice des fonctions est navrante. Le fait d’imposer des blocages divers à l’utilisation d’un site web ou autre, devient, à la longue, démotivant et… castrant ! Bloquer Hotmail, Facebook, YouTube, Twitter, etc., est souvent plus compliqué pour les enseignants technophiles que pour les élèves eux-mêmes ! Surtout qu’actuellement, ils ont leur téléphone intelligent dans leurs poches et ils peuvent aller sur ces sites n’importe quand. Mais lorsqu’un enseignant souhaite utiliser un de ces sites à des fins éducatives, il est désagréable de devoir faire le pied de grue devant le bureau du technicien pour demander une dérogation aux règles de blocage de certains sites. Plusieurs enseignants, qui se considèrent à l’avant-garde technopédagogique, estiment qu’ils sont toujours en train de quémander de nouveaux outils ou ressources afin de satisfaire leurs besoins en TIC. Bien que tous reconnaissent qu’il y a des limites budgétaires à respecter, il est résolument nécessaire d’alimenter ces enseignants qui sont, à bien des égards, des modèles pour leurs pairs au sein du milieu. Si eux le font avec plaisir, cela influencera certainement des collègues à faire le saut !

Également, une nouvelle tendance pour les établissements scolaires est le fameux BYOD : Bring your own device ou apportez votre propre appareil. Autoriser les téléphones intelligents en classe permet de régler une partie du problème alors qu’on se demande quel outil privilégier en classe. IPad ? Tablette Android ? MS Surface ? IPhone ou Galaxy ? Comme dans n’importe quel établissement commercial ou non, il y a des règles budgétaires à respecter. Et l’achat de matériel informatique, ce n’est pas donné. Prévoir ces dépenses, c’est une chose, mais voir cet investissement désuet après un an en est une autre. Au rythme où vont les choses, Apple sort deux nouveaux iPad par année. Il y a de quoi rendre les écoles frileuses face à l’adoption de cette technologie. Le premier iPad a été commercialisé en mai 2010 et cet appareil n’est déjà plus supporté par iOS 6 ! Bref, les appareils informatiques ont, de nos jours, une durée de vie très (trop) limitée.

Voilà donc une alternative peu couteuse et combien tendancieuse, car les établissements scolaires profitent de la « mode » de la mobilité des appareils électroniques afin de les inviter en leurs murs. Cependant, cela implique que ces mêmes établissements offrent un réseau internet complètement libre et accessible à sa clientèle étudiante. Parallèlement à cette ouverture, il est important que les élèves comprennent que l’école n’offre pas de service de soutien technique pour la pléthore d’appareils mobiles qui existent sur le marché. D’ailleurs, cela libère l’équipe technique des établissements d’enseignement alors que le fardeau du soutien technique et des mises à jour des appareils incombe directement à l’utilisateur. Génial, non ?

Mais ce qui est le plus intéressant avec le modèle BYOD, c’est certainement enfin d’apprendre aux élèves comment utiliser leur appareil de façon éducative. Ils en connaissent les applications sociales, mais très peuvent l’utilisent à bon escient. Alors comment est-ce que ces appareils peuvent devenir des outils productifs au lieu de devenir des outils de prolongement de la personnalité d’un individu. À constater quotidiennement le rapport étroit que les jeunes entretiennent avec leur téléphone intelligent, il est effectivement inquiétant de réaliser à quel point cet appareil meuble outrageusement leur existence. Il est temps d’enseigner aux élèves comment utiliser un appareil personnel et le transformer en outil professionnel lorsque besoin il y a.

La pédagogie inversée est tributaire des nouvelles technologies. Prendre le virage signifie immanquablement d’entreprendre un virage technologique afin de rendre différentes ressources disponibles pour les enseignants et les élèves. L’un ne va pas sans l’autre.

Au niveau des ressources matérielles, certaines classes doivent être réaménagées. Outre la possibilité d’y placer du matériel informatique, il est question de disposer de l’environnement physique différemment afin de favoriser la collaboration. Comment placer les tables ? Les chaises ? Le bureau de l’enseignant ? Certains enseignants arrivent en classe simplement avec… une chaise qu’ils déplacent au gré de leurs interventions. Exit le bureau du prof !

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